Camélia Jordana

C’est un feeling pop déstabilisant qui vous saisit le corps, l’esprit et vous laisse avec des images de paradis perdus mélodiques. C’est la certitude d’être tombé (de haut) sur une voix singulière, mais aussi sur le meilleur écrin à chansons pour que cette voix reste en totale liberté. « Si j’écoute de la musique c’est pour une voix, un texte, ou une mélodie qui fonctionnent tous ensemble ».

Camélia Jordana a aujourd’hui 18 ans. Elle n’a rien d’une créature étrange. Sensible, spontanée, curieuse de tout, déstabilisée par les premiers chagrins d’amour qui viennent (presque) toujours au mois d’août. Pourtant son premier album est impossible à dater. Il affiche une sacrée conscience du passé, mais aussi un vrai devoir de modernité. Il joue avec la pop architecturée, le lyrisme, les tragédies intimes, la profondeur de champs mélodique, le folk pour les cowgirls qui ont le blues sur la route.

Revient en mémoire la découverte de Camélia-Jordana. Février 2009. Les auditions filmées à Marseille pour l’émission musicale phare de M6, « Nouvelle Star ». A cappella, la révélation paraît évidente. Quand Camélia chante le standard « What a wonderful world » de Louis Armstrong, un frisson parcourt le jury de l’émission et aussi le téléspectateur. On entend dire à propos de Camelia Jordana : « Mademoiselle, vous pourriez devenir notre petite Amy Winehouse ! » (André Manoukian). Toujours avec le même mélange de naturel et d’émotion à vif plutôt soufflante venant d’une si jeune personne. En plus des habitués du programme, la presse culturelle dans un élan d’unanimisme (Libération, Télérama, VoxPop) plébiscite Camélia Jordana. On parle à son propos de mélange vocal « entre Barbara et Cat Power ». Le milieu de la chanson française se met au diapason de l’intérêt.

En amont de l’enregistrement du premier album, des rencontres ont lieu entre la jeune chanteuse et ceux qui pourront lui fournir textes et mélodies. Certains noms vont vite s’imposer. Surprise, c’est un casting d’auteurs compositeurs plus à l’aise dans les registres de la chanson sophistiquée plutôt que ceux de la variété toute prête à être consommée. Babx, Mathieu Boogaerts, Doriand, Jean Felzine (leader de Mustang), Abel K1, la révélation L. Même Camélia-Jordana y va de sa première chanson (texte et musique) avec le charmant et Lily Allenien « Little Monster ». Tous vont travailler au studio Pigalle à Paris sous la direction de Séverin et de Babx. L’enregistrement dure trois mois. Une grande partie du mixage final de l’album est confié à Stéphane « Alf » Briat, un des grands artisans du son labélisé french touch (Phoenix, Air, Arnaud Fleurent-Didier), l’autre à Jérôme Poulain (Studio Pigalle, équipier de Babx). Camélia fait maintenant partie d’une équipe à la même sensibilité pop avec tous ceux qui ont participé à son disque.
Il y a tout ça sur son premier album. Tout ça, mais adapté à l’époque, chanté avec la voix de quelqu’un qui a développé une sensibilité à fleur de peau et une intelligence instinctive de l’interprétation.  « Je suis maintenant consciente de ce que l’on me disait avant, quand on me parlait de ces personnes qui ont la chance d’avoir un métier qui leur correspond. J’ai enfin trouvé ma place ! »

discographie :
Camélia Jordana / 2010 / Sony Music

Camelia Jordana a aujourd’hui 19 ans. Elle n’a rien d’une créature étrange.

Sensible, spontanée, curieuse de tout, déstabilisée par les premiers chagrins

d’amour qui viennent (presque) toujours au mois d’août. Pourtant son

premier album est impossible à dater. Il affiche une sacrée conscience du

passé, mais aussi un vrai devoir de modernité. Il joue avec la pop

architecturée, le lyrisme, les tragédies intimes, la profondeur de champs

mélodique, le folk pour les cowgirls qui ont le blues sur la route.